Raboteuse dégauchisseuse d’occasion : le guide pour ne pas se tromper
L’annonce est tombée ce matin sur Le Bon Coin. « Raboteuse dégauchisseuse Kity 636, bon état, 350 euros ». Trois photos floues, un garage en arrière-plan, et cette phrase qui ne veut rien dire : « fonctionne bien ». Vous avez le budget. Vous avez l’espace. Ce qui vous manque, c’est de savoir si cette machine vaut le déplacement ou si vous allez charger 80 kg de problèmes dans votre utilitaire.
La checklist que j’aurais voulu avoir avant mon premier achat d’occasion. Quelles machines chercher, lesquelles fuir, comment vérifier en 30 minutes ce qu’un vendeur ne vous dira jamais, et combien payer sans surenchérir ni se faire avoir.
- Sous 500 €300-450 € — Kity 636 d’occasion. Tables fonte, mécanique simple et réparable, 260 mm de largeur.
- 800 à 1 800 €800-1 800 € — Lurem C260 tout-fonte. Combiné 5-6 opérations dans un seul bâti.
- Au-dessus de 1 000 €1 000-2 500 € — Lurem RD 31 ou RD 41. Le palier professionnel en fonte monobloc.
- Machines chinoises rebadgées d’occasion à 80-150 € : tables déformées, guide inutilisable, pas de pièces. Rien à sauver.
- Les Kity 439, 2636, 2638 portent le nom mais la qualité a changé. Production délocalisée, construction différente. Vérifiez la provenance avant d’acheter.
- Le triphasé n’est pas un problème. Un variateur mono/tri entre 100 et 300 € et vous accédez aux meilleures machines du marché, celles que les autres acheteurs laissent passer.
Pourquoi l’occasion peut être le meilleur investissement
Le calcul est simple, et il surprend toujours ceux qui le découvrent. Une Kity 636 d’occasion en bon état, avec moteur, se négocie entre 300 et 450 euros. Pour ce prix, vous obtenez des tables en fonte, un arbre acier, une mécanique entièrement démontable et réparable. En neuf, le même budget vous offre une machine chinoise à tables en aluminium extrudé, un moteur universel à charbons, et un guide qui fléchit dès la troisième planche. La machine neuve dépasse rarement cinq à sept ans dans mon expérience. La Kity en est à sa quatrième décennie de service dans certains ateliers.
Ce n’est pas de la nostalgie. Les machines françaises des années 75-95, Kity, Lurem, ont été conçues pour durer, à une époque où la priorité allait à la robustesse mécanique, pas à la compression des coûts. Un arbre en acier ne s’use pas. Une table en fonte correctement coulée reste plane pendant des décennies. Les assemblages mécaniques sont simples, accessibles, réparables avec de l’outillage courant. En 30 ans, j’ai vu des 636 tourner dans des ateliers sans autre entretien que le changement de fers et de courroie. Une machine qu’on règle une fois et qui travaille pendant vingt ans.
Et les pièces ? Les fers HSS en 260 x 20 x 2,5 mm sont un standard, disponibles partout pour une vingtaine d’euros le jeu. Les courroies se trouvent chez des fournisseurs spécialisés. Les roulements sont des références catalogue. Rien d’exotique, rien d’introuvable.
Le seul vrai risque de l’occasion, c’est d’acheter sans vérifier. Une machine mal transportée dont les tables se sont déformées. Un arbre dont les roulements grognent. Un entraînement de rabotage fatigué qui fait patiner le bois. Tous ces défauts se détectent en 30 minutes avec le bon protocole, point par point.
Les machines à chercher en priorité
Kity 635, 636, 637 : le premier réflexe
La 635 fait 200 mm de large avec 150 mm de hauteur de passage en rabotage. Les 636 et 637 montent à 260 mm de largeur de passe. Ce sont les machines d’occasion les plus courantes et les plus fiables du marché français. Production française d’avant le rachat par Scheppach en 2004, tables en fonte sur les bonnes versions, mécanique simple et entièrement réglable. La 636 est la plus recherchée : 260 mm couvrent 90 % des travaux d’ébénisterie courante, du corroyage de planches aux panneaux de meuble. La 637, aussi référencée 1637, est disponible en monophasé 2 CV et triphasé 3 CV. Les fers de 260 mm sont communs aux 636, 637, 1636 et 1637.
Un point critique : tout ce qui porte le nom Kity après le rachat par Scheppach n’a plus rien à voir. Les 439, 2636, 2638 sont des machines délocalisées, construction différente, qualité en chute. Quand je parle de Kity, je parle des françaises d’origine. Si l’annonce ne précise pas l’année ou la série, demandez une photo de la plaque signalétique avant de vous déplacer.
Le moteur d’origine en mono 1,1 kW est juste pour les bois durs. Sur les versions « sur table » à moteur central partagé entre les machines Kity, un 1,5 kW standard se monte directement. Sur les 636 individuelles, le remplacement exige souvent des adaptations : poulie à refaire, platine de fixation à modifier, diamètre d’arbre différent entre l’ancien et le nouveau moteur. Prévoyez un passage chez un tourneur si vous n’avez pas l’outillage. La majorité des 636 sont en triphasé 380V, ce qui n’est pas un problème avec un variateur de fréquence.
Pour le détail de chaque modèle, consultez notre page dédiée aux Kity.
Si vous trouvez une Kity 636 complète avec moteur à 350 euros et une machine neuve chinoise au même prix, ne réfléchissez pas. La Kity vous donnera des tables en fonte, une mécanique réglable et 20 ans de service. La neuve vous donnera 5 ans de compromis. Mettez la différence dans un variateur si elle est en tri et un jeu de fers neufs.
Lurem RD 31, RD 41 et C260 : le palier professionnel
Les Lurem à bâti fonte monobloc sont des machines d’un autre calibre. La RD 31 offre 310 mm de largeur avec un arbre de 80 mm de diamètre de coupe à 3 fers. La RD 41 existe en plusieurs versions : arbre de 99 mm à 3 fers sur la RD 41 E, arbre de 110 mm à 4 fers sur les RD 41 SI et STI. Plus lourdes, plus chères en occasion, mais avec une rigidité et une qualité de surface que peu de machines neuves sous 3 000 euros peuvent égaler.
La Lurem C260 est l’autre grand classique de l’occasion. Un combiné à cinq opérations de base, dégauchissage, rabotage, mortaisage, toupillage et sciage, six avec le chariot de tenonnage-sciage selon les versions. Le tout dans un seul bâti, pour un atelier où chaque mètre carré compte. La plus recherchée, c’est la C260N tout-fonte, produite entre la fin des années 70 et le milieu des années 80. La C260S2, produite de 1990 à 1995 environ avant le passage à la gamme Former, dispose de trois moteurs indépendants, un par groupe d’opérations, ce qui évite les changements de courroie. Toutes partagent le même talon d’Achille.
Le talon d’Achille des Lurem, c’est le système d’entraînement en mode rabotage. Le pignon en plastique et la bague de friction en polyuréthane s’usent, et un jour le bois n’avance plus. J’ai changé des bagues de friction sur trois Lurem différentes en 30 ans, la pièce n’est pas compliquée à poser, mais il faut savoir où la commander. Les pièces courantes comme les fers ou les courroies restent sous les 100 euros, mais la poulie d’entraînement complète avec sa bague de friction, le vrai point faible de la gamme, coûte environ 200 euros HT chez EMCL, un des rares fournisseurs qui la fabrique encore. Lurem n’existe plus. Avant d’acheter, assurez-vous de savoir à qui vous adresser pour les pièces. Le jour où un pignon casse, ce ne sera pas le moment de chercher.
Ne confondez pas les RD 31 et RD 41 avec la Lurem RD 26 F, une production chinoise qui n’a rien à voir avec les Lurem françaises en fonte.
Notre page dédiée aux Lurem détaille chaque modèle et les contacts pièces détachées.
Autres machines à surveiller
L’INCA 343.190 est une petite machine suisse d’une précision remarquable, recherchée par les amateurs de travail fin. Injecta AG a fait faillite en 2011, mais la communauté reste active et les pièces se trouvent encore.
A surveiller aussi sur le marché de l’occasion : les Robland belges et les Sicar italiennes, machines en fonte souvent bradées parce que méconnues en France. Quand on en trouve une complète et en bon état, c’est une machine pour la vie.
Les anciennes Elektra Beckum HC 260, reconnaissables à leur livrée verte, sont les ancêtres de la Metabo HC 260 C. Tables en aluminium moulé épais, moteur à induction, construction honnête. Les DeWalt DW1150 sont dans la même veine : aluminium moulé lourd, mécanique simple, peu de choses qui cassent. Ces machines vieillissent bien.
Ce qu’il faut fuir
Les machines chinoises rebadgées à tables en aluminium extrudé fin, vendues d’occasion entre 80 et 150 euros : Holzmann entrée de gamme, Güde, Silverline, Parkside, Constructor. Neuves, elles sont un compromis. D’occasion sans garantie, elles sont un pari. Si les tables ne sont plus planes et que le guide ne tient plus, il n’y a rien à sauver.
La question du triphasé
Pourquoi les bonnes machines sont en triphasé
La plupart des raboteuses dégauchisseuses sérieuses, celles en fonte avec des tables usinées et un arbre correctement équilibré, existent en triphasé 400V. Un moteur triphasé développe un couple supérieur à un monophasé de même puissance, démarre sans condensateur, et tourne de façon plus régulière. Les Lurem, les Robland, les Sicar, les vieilles Kity en fonte sont presque toutes en tri. Et elles se vendent moins cher en occasion précisément pour ça : l’acheteur particulier en 220V mono passe son chemin. Son erreur, votre opportunité.
Un variateur mono/tri et le problème disparaît
Un variateur de fréquence accepte du monophasé 230V en entrée et délivre du triphasé 230V en sortie, ce qui impose un couplage moteur en triangle. Pour un atelier complet avec plusieurs machines en tri, un convertisseur rotatif ou un abonnement triphasé devient plus pertinent. Pour une seule raboteuse dégauchisseuse, le variateur est la solution la plus économique et la plus compacte.
Comptez entre 100 et 300 euros pour un variateur 2,2 kW correctement dimensionné, prix constaté en 2026. Les marques chinoises type Vevor font le travail, mais la documentation est sommaire et le SAV inexistant. Pour un variateur avec notice en français et un interlocuteur en cas de problème, des revendeurs comme EM Distribution ou INORéA sont de bonnes adresses. Un Schneider Altivar ou un Siemens V20 coûte plus cher, mais sur une machine qui tourne tous les jours, la fiabilité se paie une fois.
Ce que les fiches produit ne vous disent pas : le variateur offre un démarrage progressif étalé sur 3 à 5 secondes, au lieu de l’appel de courant brutal qui fatigue le moteur et fait sauter les fusibles. Il permet aussi un freinage électrique qui ramène l’arbre à l’arrêt en 5 secondes au lieu de 30. Deux gains de confort que vous apprécierez dès la première mise en route.
Photographiez la plaque signalétique du moteur. Si elle indique 230/400V, un variateur standard suffit. Si elle indique 400/690V, le variateur standard ne marchera pas. Cette photo vous évitera un achat inutile de 200 euros.
Les pièges à éviter
Vérifiez la plaque signalétique du moteur avant d’acheter le variateur. Si elle indique 230/400V, le moteur se couple en triangle sur un variateur mono/tri standard qui sort du 230V entre phases. Si elle indique 400/690V, le variateur 230V standard ne suffit pas. Deux solutions : soit un variateur à sortie 400V, plus cher et moins courant, soit le changement de moteur, parfois plus pertinent économiquement. Dans les deux cas, photographiez la plaque signalétique et le câblage du bornier avant de toucher quoi que ce soit.
J’ai vu plus d’un variateur claquer parce que le propriétaire l’avait dimensionné sur la puissance en kilowatts au lieu de l’intensité. Dimensionnez le variateur sur l’intensité nominale indiquée sur la plaque moteur. Prenez 20 à 30 % de marge au-dessus de cette valeur. Sur une raboteuse, le couple de démarrage est élevé à cause de l’inertie de l’arbre. Un variateur dimensionné juste va déclencher en surintensité au démarrage, surtout par temps froid quand la graisse des roulements est plus visqueuse.
Les 7 vérifications avant d’acheter
Avant de vous déplacer, préparez votre sac. Pas besoin d’un arsenal, juste les bons outils : une règle de mécanicien d’au moins 80 cm, un jeu de cales d’épaisseur à 5 euros en magasin auto, une équerre de précision, un aimant, et deux morceaux de bois brut. L’aimant vous dira en deux secondes si les tables sont en fonte ou en aluminium, sans dépendre de ce que l’annonce prétend.
Règle de mécanicien d’au moins 80 cm — pour la planéité des tables
Jeu de cales d’épaisseur à 5 € en magasin auto — pour quantifier les creux
Équerre de précision — pour l’équerrage du guide
Un aimant — fonte ou aluminium en 2 secondes
Deux morceaux de bois brut — votre passeport qualité, vous demandez à faire tourner la machine
1. La planéité des tables
Premier geste, toujours. Posez la règle sur chaque table, en long, en travers, en diagonale. Glissez une cale d’épaisseur dans le jour entre la règle et la table. Quelques centièmes de millimètre de creux : normal sur une machine de 30 ans, réglable. Quelques dixièmes au centre : les tables sont creuses, courant sur les vieilles machines en aluminium, compensable avec du travail. Un jour franc aux extrémités : la machine a été transportée en la soulevant par les tables. Sur de l’aluminium moulé, c’est souvent irréversible. Sur de la fonte grise, la table ne se déforme pas en U, elle casse net. Une fissure se voit immédiatement, inspectez les arêtes et les coins.
Transporter une dégauchisseuse en la portant par les tables est le geste le plus destructeur qu’on puisse faire sur ce type de machine. Si vous arrivez chez le vendeur et que les tables sont en U, ne perdez pas votre temps.
2. La coplanarité
Tables d’entrée et de sortie réglées au même niveau, règle posée à cheval sur les deux. Un décalage de quelques dixièmes suffit à produire des planches bombées ou creuses. Si les tables ne sont pas dans le même plan, ce n’est pas forcément grave, c’est souvent un simple réglage. Mais si les glissières en queue d’aronde qui guident le déplacement des tables sont usées au point que les tables flottent, c’est un problème structurel.
3. L’arbre et les roulements
Machine débranchée, faites tourner l’arbre à la main. Il doit tourner librement, sans point dur, sans bruit de bille. Un grognement sourd, c’est un roulement en fin de vie. Comptez 30 à 50 euros de pièces, mais il faut un extracteur et une presse pour les changer. Sans cet outillage, prévoyez une à deux heures de main-d’œuvre chez un mécanicien industriel en plus des pièces.
De la rouille superficielle sur l’arbre n’est pas grave, ça part à la laine d’acier et à l’huile. De la rouille profonde avec des piqûres, c’est rédhibitoire : un arbre piqué ne se rectifie pas de façon rentable, et un arbre de remplacement sur une machine qui n’est plus fabriquée peut coûter plus cher que la machine elle-même. Si vous sentez des creux au toucher après nettoyage, passez votre chemin.
4. Les fers et les barrettes de serrage
Vérifiez que les fers sont présents et en état correct. Un jeu de fers HSS neufs coûte une vingtaine d’euros, ce n’est pas un problème en soi. Ce qui peut en être un : l’absence des barrettes de serrage. Ces pièces sont spécifiques à chaque modèle, difficiles à trouver, et peuvent coûter jusqu’à 60 euros pièce. Si les barrettes manquent et que les capots d’aspiration ont aussi disparu, faites le calcul : la bonne affaire à 200 euros se transforme vite en 400 avant même d’avoir fait un copeau.
5. Le guide parallèle
Serrez le guide, poussez-le latéralement. Vérifiez la planéité à la règle et l’équerrage à l’équerre. Sur les machines en fonte de cette époque, un jeu notable au serrage est anormal. Sur les machines en aluminium, un guide qui fléchit est presque la norme. La parade classique : un panneau de médium de 19 mm vissé sur le guide existant pour rigidifier l’ensemble. La surface d’appui devient plus large, plus stable, et l’équerrage tient entre les sessions.
Inspectez les brides de serrage. Si elles sont ovalisées ou fissurées, c’est un signe que le précédent propriétaire bataillait pour maintenir le guide en place.
6. L’entraînement en rabotage
C’est le point que les acheteurs novices oublient systématiquement. Demandez à faire tourner la machine en mode rabotage et passez une planche de résineux. Si le bois avance régulièrement et ressort sans marque d’hésitation, c’est bon. S’il faut le pousser ou s’il sort avec des marques perpendiculaires au sens d’avance, comme si le bois avait avancé par à-coups, l’entraînement est fatigué.
Sur les Kity, c’est souvent juste une table de rabotage à nettoyer et à lubrifier au Silbergleit ou à la paraffine. Sur les Lurem, c’est le mécanisme complet qu’il faut inspecter, pignon plastique et bague de friction compris, et ce n’est pas toujours accessible sans démonter. Pour les détails de ce mécanisme par marque, consultez nos pages dédiées Kity et Lurem.
Ne vous fiez jamais à une démonstration uniquement en mode dégau. C’est le mode rabotage qui révèle les vrais problèmes.
7. Le moteur et l’électricité
Écoutez-le tourner. Un moteur sain ronronne régulièrement, sans cognement. Laissez-le tourner 5 minutes à vide et posez la main sur le carter : une chaleur modérée est normale, une chaleur qui force à retirer la main signale un problème de roulement ou de bobinage. Sur les Kity 636, le condensateur de démarrage finit souvent par lâcher après 15 à 20 ans. La machine ne démarre plus ou démarre mollement. Pièce à une vingtaine d’euros, rien de grave.
Vérifiez la présence du bouton d’arrêt d’urgence, l’état du câblage et la terre. Un vendeur qui refuse de brancher la machine a quelque chose à cacher, ou ne sait pas s’il a un problème. Dans les deux cas, passez votre chemin.
Combien payer ? Grille de prix 2026
Le marché de l’occasion sur ces machines est très dispersé. Une même Kity 636 peut se vendre 150 euros dans le Cantal et 500 euros en Île-de-France. La proximité d’un bassin de bricoleurs fait monter les prix, la patience les fait baisser. Surveillez les annonces pendant deux à trois mois avant d’acheter, vous calibrerez votre jugement sur les prix réels, pas sur le premier résultat Le Bon Coin.
Voici les fourchettes que 30 ans de marché me permettent de considérer comme cohérentes, constatées entre 2024 et 2026.
| Machine | État | Fourchette |
|---|---|---|
| Kity | ||
| Kity 636 seule | Complète, moteur 220V qui tourne | 300 – 450 € |
| Kity 636 seule | Moteur fatigué ou manquant | 150 – 250 € |
| Kity 636 seule | Incomplète, sans fers ni barrettes | 80 – 150 € max |
| Ensemble Kity sur table | Complet, bon état, accessoires | 500 – 900 € |
| Ensemble Kity sur table | Partiel ou état moyen | 300 – 500 € |
| Lurem | ||
| Lurem C260S2 | Complète, 3 moteurs, bon état | 1 200 – 1 800 € |
| Lurem C260N | Tout-fonte, bon état | 800 – 1 200 € |
| Lurem C260 | Incomplète ou entraînement HS | 400 – 700 € |
| Lurem RD 31 | Complète, bon état | 600 – 1 200 € |
| Lurem RD 31 | État moyen ou pièces manquantes | 400 – 800 € |
| Lurem RD 41 | Complète, bon état | 1 500 – 2 500 € |
| Lurem RD 41 | État moyen ou pièces manquantes | 900 – 1 600 € |
| Autres machines | ||
| INCA 343.190 | Selon état et complétude | 300 – 650 € |
| Elektra Beckum / Metabo HC 260 | Selon version et état | 250 – 700 € |
| DeWalt DW1150 | Rare, selon état | 200 – 500 € |
| DeWalt D27300 | Selon état | 800 – 1 300 € |
| Robland dégau-rabot | Selon état | 1 200 – 2 500 € |
Ce qui fait monter ou baisser le prix
Les facteurs qui font monter le prix : un moteur monophasé inclus, des jeux de fers neufs, le piètement d’origine complet, les accessoires. Ceux qui le font baisser : le triphasé sans variateur, les fers usés, de la rouille superficielle, l’absence de moteur. Le triphasé est un levier de négociation que vous connaissez maintenant.
Après l’achat : la mise en service
La machine est dans l’atelier, les pieds calés sur le sol, le moteur branché. Vous n’êtes pas encore prêt à faire un copeau. Sur une machine d’occasion, la mise en service conditionne tout le reste. Comptez une demi-journée sur une machine en bon état, une journée entière si les réglages ont été négligés par le précédent propriétaire.
Commencez par le nettoyage. Dégraissez les tables au white spirit ou au dégraissant atelier, retirez les résidus de copeaux collés, la poussière durcie, les traces de rouille superficielle à la laine d’acier fine. Cirez les tables à la cire d’atelier ou à la paraffine. Une table propre et cirée change le comportement de la machine : le bois glisse, l’entraînement force moins, la qualité de surface s’améliore immédiatement. Graissez toutes les vis de réglage, les montées-descentes du plateau de rabotage, les axes de pivotement. Les machines d’occasion sortent souvent de garages où elles ont passé des mois sans entretien.
Passez aux réglages, et respectez l’ordre. La table de rabotage d’abord : c’est votre référence fixe, celle qui ne bouge pas en fonctionnement. Vérifiez son parallélisme avec l’arbre au comparateur ou au calibre de profondeur. Sur certaines machines comme la Kity 636, l’arbre est repositionnable par les boulons de palier sur le devant du bâti : c’est l’arbre qui s’adapte à la table, pas l’inverse. Sur les machines où les paliers ne sont pas ajustables, la table de rabotage doit être parallèle à l’arbre tel qu’il est monté d’usine.
Réglez ensuite la table de sortie de dégauchissage pour que sa surface affleure le cercle de coupe des fers, c’est-à-dire le point le plus haut atteint par les fers quand l’arbre tourne. Je reprends ce réglage systématiquement sur chaque machine d’occasion, même quand le vendeur m’assure que tout est calé. Réglez les fers pour qu’ils affleurent cette table de sortie : posez un tasseau en travers, tournez l’arbre à la main, le tasseau doit avancer de 2 à 3 mm sous l’effet du fer qui l’entraîne. Les cales aimantées, une cinquantaine d’euros, transforment cette opération pénible en geste simple.
Remontez la table d’entrée au niveau de la table de sortie pour vérifier l’alignement en position zéro, réglet posé à cheval sur les deux. En fonctionnement, la table d’entrée sera en contrebas de la profondeur de passe souhaitée. Terminez par l’équerrage du guide.
Passez une chute en dégauchissage : vérifiez la planéité de la face dégauchie au réglet. Passez ensuite la même pièce en rabotage et mesurez le parallélisme des deux faces au pied à coulisse, aux quatre coins. Si la face est plane et les épaisseurs identiques, vous êtes prêt. Pour approfondir les gestes et les réglages de dégauchissage, notre guide dédié détaille la technique pas à pas.
Prévoyez 50 à 100 euros de mise en route sans variateur : fers neufs, courroie de rechange, cire. Avec un variateur pour une machine triphasée, le budget total monte à 250 à 400 euros.
Mon verdict
En 30 ans, j’ai vu des amateurs dépenser 400 euros dans une machine neuve en aluminium, s’en plaindre pendant trois ans, puis racheter d’occasion exactement le type de machine qu’ils auraient dû prendre dès le départ. Le raccourci, c’est de commencer par l’occasion.
Si votre budget est sous les 500 euros et que vous voulez une dégauchisseuse-raboteuse dédiée : une Kity 636 d’occasion avec un variateur et un jeu de fers neufs. La machine que je recommande le plus souvent, pour de bonnes raisons.
Si vous montez un atelier complet dans un espace réduit et que votre budget permet de monter à 1 000 euros ou plus : une Lurem C260 tout-fonte. Vérifiez l’état du système d’entraînement en rabotage avant de signer. La poulie et la bague de friction restent le point sensible de ces machines, et la pièce de remplacement coûte 200 euros quand on sait où la trouver.
Dans les deux cas, la demi-journée de vérification avant l’achat et la demi-journée de réglage après valent plus que n’importe quelle garantie constructeur. Une machine que vous connaissez de l’intérieur, c’est une machine que vous maîtrisez.
Pour situer ces machines dans le paysage complet, neuf et occasion, consultez notre comparatif des meilleures raboteuses dégauchisseuses.
