Raboteuse dégauchisseuse d’occasion : le guide pour ne pas se tromper
L’annonce est tombée ce matin sur Le Bon Coin. « Raboteuse dégauchisseuse Kity 636, bon état ». Trois photos floues, un garage en arrière-plan, et cette phrase qui ne veut rien dire : « fonctionne bien ». Vous avez le budget. Vous avez l’espace. Ce qui vous manque, c’est de savoir si cette machine vaut le déplacement ou si vous allez charger une machine à problèmes dans votre utilitaire.
La checklist d’un premier achat d’occasion. Quelles machines chercher, lesquelles fuir, comment vérifier en 30 minutes ce qu’un vendeur ne vous dira jamais, et comment négocier sans vous faire avoir.
- Petit budget — Kity 636 d’occasion : mécanique simple et réparable.
- Atelier complet — Lurem C260 : un combiné qui réunit plusieurs opérations dans un seul bâti.
- Usage intensif — Lurem RD 31 ou RD 41, dégauchisseuses-raboteuses d’atelier.
- Machines d’entrée de gamme d’occasion aux tables déformées ou au guide qui ne tient plus : rien à sauver.
- Kity appartient à Scheppach depuis 2004 : les modèles récents (439, 2636, 2638) sont d’une autre génération que les Kity françaises d’origine. Vérifiez l’année sur la plaque signalétique avant d’acheter.
- Le triphasé n’est pas un problème. Avec un variateur mono/tri bien dimensionné, vous accédez aux machines triphasées que beaucoup d’acheteurs laissent passer.
Pourquoi l’occasion peut être le meilleur investissement
Le calcul surprend souvent ceux qui le découvrent. Une Kity 636 d’occasion en bon état, avec moteur, offre une mécanique simple, démontable et réparable. Au même budget, une machine neuve d’entrée de gamme a souvent des tables en aluminium et un moteur universel à charbons : vérifiez sur sa fiche. Les Kity françaises d’origine datent d’avant la reprise de la marque par Scheppach en 2004 ; celles qui tournent encore ont donc plus de vingt ans de service.
Ce n’est pas de la nostalgie. Les anciennes machines françaises, Kity, Lurem, ont été conçues pour durer, à une époque où la priorité allait à la robustesse mécanique, pas à la compression des coûts. Une table en fonte correctement coulée reste plane longtemps. Les assemblages mécaniques sont simples, accessibles, réparables avec de l’outillage courant. Une machine bien réglée et entretenue travaille longtemps.
Et les pièces ? Les fers HSS sont un consommable courant : relevez les dimensions exactes des vôtres avant de commander. Les courroies se trouvent chez des fournisseurs spécialisés, et les roulements sont en général des références standard.
Le seul vrai risque de l’occasion, c’est d’acheter sans vérifier. Une machine mal transportée dont les tables se sont déformées. Un arbre dont les roulements grognent. Un entraînement de rabotage fatigué qui fait patiner le bois. Tous ces défauts se détectent en 30 minutes avec le bon protocole, point par point.
Les machines à chercher en priorité
Kity 635, 636, 637 : le premier réflexe
Ce sont les machines d’occasion les plus courantes du marché français : des machines de l’entreprise alsacienne Kity S.A.S., reprise par Scheppach en 2004, à la mécanique simple et entièrement réglable. La 636 est la plus recherchée, pour le corroyage de planches comme pour les panneaux de meuble. Kity ne publie plus de notice pour ces modèles : relevez la largeur, la hauteur de passage, le moteur et la tension sur la plaque signalétique, et demandez la notice d’origine au vendeur.
Un point critique : depuis la reprise par Scheppach en 2004, le nom Kity couvre aussi des modèles plus récents (439, 2636, 2638), d’une autre conception. Quand je parle de Kity ici, je parle des françaises d’origine. Si l’annonce ne précise pas l’année ou la série, demandez une photo de la plaque signalétique avant de vous déplacer.
Sur une machine de cet âge, il arrive qu’on remplace le moteur d’origine. Sur une 636 individuelle, le remplacement peut exiger des adaptations : poulie à refaire, platine de fixation à modifier, diamètre d’arbre différent entre l’ancien et le nouveau moteur. Prévoyez un passage chez un tourneur si vous n’avez pas l’outillage. Beaucoup de machines de cette génération sont en triphasé, ce qui n’est pas un problème avec un variateur de fréquence.
Pour le détail de chaque modèle, consultez notre page dédiée aux Kity.
Entre une Kity 636 complète avec moteur et une machine neuve d’entrée de gamme au même prix, la Kity offre une mécanique réglable et réparable. Vérifiez-la avec le protocole ci-dessous, puis prévoyez un variateur si elle est en tri et un jeu de fers neufs.
Lurem RD 31, RD 41 et C260 : le palier professionnel
Les Lurem RD 31 et RD 41 sont des dégauchisseuses-raboteuses d’atelier, d’un autre calibre : plus lourdes, plus chères en occasion. La marque ne fournit plus leur documentation : demandez la notice d’origine au vendeur et relevez sur la machine la largeur, le diamètre d’arbre et le nombre de fers.
La Lurem C260 est l’autre grand classique de l’occasion. Un combiné qui réunit dans un seul bâti le dégauchissage, le rabotage et, selon les versions, d’autres opérations comme le mortaisage, le toupillage ou le sciage, pour un atelier où chaque mètre carré compte. Les versions diffèrent (C260N, C260S2…) : identifiez la vôtre sur la plaque signalétique et la notice. Toutes partagent le même talon d’Achille.
Le talon d’Achille des Lurem, c’est le système d’entraînement en mode rabotage. Le pignon en plastique et la bague de friction en polyuréthane s’usent, et un jour le bois n’avance plus. J’ai changé des bagues de friction sur trois Lurem différentes en 15 ans, la pièce n’est pas compliquée à poser, mais il faut savoir où la commander. Le propriétaire actuel de la marque Lurem indique n’avoir ni pièces détachées ni documentation pour les machines antérieures à 2014. Avant d’acheter, assurez-vous de savoir à qui vous adresser pour les pièces. Le jour où un pignon casse, ce ne sera pas le moment de chercher. Même réflexe pour une raboteuse d’épaisseur retirée du catalogue, comme la Ryobi RAP1500G : vérifiez que ses fers de rechange restent disponibles avant d’acheter.
Ne confondez pas les RD 31 et RD 41 avec la Lurem RD 26 F : vérifiez la référence exacte sur la plaque signalétique.
Notre page dédiée aux Lurem détaille chaque modèle et les contacts pièces détachées.
Autres machines à surveiller
L’INCA 343.190 est une petite machine suisse, recherchée par les amateurs de travail fin. Inca était la marque bois d’Injecta ; le stock de pièces Inca est aujourd’hui détenu par Multico (incamachines.com).
À surveiller aussi sur le marché de l’occasion : les Robland, du fabricant belge du même nom, et les Sicar. Quand on en trouve une complète et en bon état, elle mérite le déplacement.
On croise aussi d’anciennes Elektra Beckum HC 260, reconnaissables à leur livrée verte, et des DeWalt DW1150. Leurs fiches d’époque ne sont plus publiées par les fabricants : contrôlez-les avec le même protocole que les autres.
Ce qu’il faut fuir
Les machines d’entrée de gamme à tables en aluminium fin, d’occasion et sans garantie, sont un pari. Si les tables ne sont plus planes et que le guide ne tient plus, il n’y a rien à sauver.
La question du triphasé
Pourquoi les bonnes machines sont en triphasé
La plupart des raboteuses dégauchisseuses sérieuses, celles en fonte avec des tables usinées et un arbre correctement équilibré, existent en triphasé 400V. Un moteur triphasé développe un couple supérieur à un monophasé de même puissance, démarre sans condensateur, et tourne de façon plus régulière. Beaucoup de machines d’atelier d’occasion sont en tri. Et elles se vendent souvent moins cher précisément pour ça : l’acheteur particulier en 230 V mono passe son chemin. Son erreur, votre opportunité.
Un variateur mono/tri et le problème disparaît
Un variateur de fréquence accepte du monophasé 230V en entrée et délivre du triphasé 230V en sortie, ce qui impose un couplage moteur en triangle. Pour un atelier complet avec plusieurs machines en tri, un convertisseur rotatif ou un abonnement triphasé devient plus pertinent. Pour une seule raboteuse dégauchisseuse, le variateur est la solution la plus économique et la plus compacte.
Choisissez un variateur correctement dimensionné (voir plus bas), avec une notice en français et un interlocuteur en cas de problème. Les gammes des marques industrielles, comme le Schneider Altivar ou le Siemens SINAMICS V20, coûtent plus cher : comparez leurs fiches avant d’acheter.
Ce que les fiches produit ne vous disent pas : le variateur offre un démarrage progressif, réglable, au lieu de l’appel de courant brutal qui fatigue le moteur et fait sauter les fusibles. Il permet aussi, selon le modèle et le réglage, un freinage électrique qui arrête l’arbre bien plus vite qu’en roue libre. Deux gains de confort que vous apprécierez dès la première mise en route.
Photographiez la plaque signalétique du moteur. Si elle indique 230/400V, un variateur standard suffit. Si elle indique 400/690V, le variateur standard ne marchera pas. Cette photo vous évitera un achat inutile.
Les pièges à éviter
Vérifiez la plaque signalétique du moteur avant d’acheter le variateur. Si elle indique 230/400V, le moteur se couple en triangle sur un variateur mono/tri standard qui sort du 230V entre phases. Si elle indique 400/690V, le variateur 230V standard ne suffit pas. Deux solutions : soit un variateur à sortie 400V, plus cher et moins courant, soit le changement de moteur, parfois plus pertinent économiquement. Dans les deux cas, photographiez la plaque signalétique et le câblage du bornier avant de toucher quoi que ce soit.
Un variateur dimensionné sur la puissance en kilowatts au lieu de l’intensité risque de déclencher, voire de claquer. Dimensionnez-le sur l’intensité nominale indiquée sur la plaque moteur, avec la marge que préconise la notice du variateur. Sur une raboteuse, le couple de démarrage est élevé à cause de l’inertie de l’arbre. Un variateur dimensionné juste va déclencher en surintensité au démarrage, surtout par temps froid quand la graisse des roulements est plus visqueuse.
Les 7 vérifications avant d’acheter
Avant de vous déplacer, préparez votre sac. Pas besoin d’un arsenal, juste les bons outils : une règle de mécanicien d’au moins 80 cm, un jeu de cales d’épaisseur (en magasin auto), une équerre de précision, un aimant, et deux morceaux de bois brut. L’aimant vous dira en deux secondes si les tables sont en fonte ou en aluminium, sans dépendre de ce que l’annonce prétend.
Règle de mécanicien d’au moins 80 cm — pour la planéité des tables
Jeu de cales d’épaisseur (magasin auto) — pour quantifier les creux
Équerre de précision — pour l’équerrage du guide
Un aimant — fonte ou aluminium en 2 secondes
Deux morceaux de bois brut — votre passeport qualité, vous demandez à faire tourner la machine
1. La planéité des tables
Premier geste, toujours. Posez la règle sur chaque table, en long, en travers, en diagonale. Glissez une cale d’épaisseur dans le jour entre la règle et la table. Quelques centièmes de millimètre de creux : normal sur une machine ancienne, réglable. Quelques dixièmes au centre : les tables sont creuses, courant sur les vieilles machines en aluminium, compensable avec du travail. Un jour franc aux extrémités : la machine a été transportée en la soulevant par les tables. Sur de l’aluminium moulé, c’est souvent irréversible. Sur de la fonte grise, la table ne se déforme pas en U, elle casse net. Une fissure se voit immédiatement, inspectez les arêtes et les coins.
Transporter une dégauchisseuse en la portant par les tables est le geste le plus destructeur qu’on puisse faire sur ce type de machine. Si vous arrivez chez le vendeur et que les tables sont en U, ne perdez pas votre temps.
2. La coplanarité
Tables d’entrée et de sortie réglées au même niveau, règle posée à cheval sur les deux. Un décalage de quelques dixièmes suffit à produire des planches bombées ou creuses. Si les tables ne sont pas dans le même plan, ce n’est pas forcément grave, c’est souvent un simple réglage. Mais si les glissières en queue d’aronde qui guident le déplacement des tables sont usées au point que les tables flottent, c’est un problème structurel.
3. L’arbre et les roulements
Machine débranchée, faites tourner l’arbre à la main. Il doit tourner librement, sans point dur, sans bruit de bille. Un grognement sourd, c’est un roulement en fin de vie. Il faut un extracteur et une presse pour les changer. Sans cet outillage, prévoyez de la main-d’œuvre chez un mécanicien industriel en plus des pièces.
De la rouille superficielle sur l’arbre n’est pas grave, ça part à la laine d’acier et à l’huile. De la rouille profonde avec des piqûres, c’est rédhibitoire : un arbre piqué ne se rectifie pas de façon rentable, et un arbre de remplacement sur une machine qui n’est plus fabriquée peut coûter plus cher que la machine elle-même. Si vous sentez des creux au toucher après nettoyage, passez votre chemin.
4. Les fers et les barrettes de serrage
Vérifiez que les fers sont présents et en état correct. Des fers HSS usés se remplacent, ce n’est pas un problème en soi. Ce qui peut en être un : l’absence des barrettes de serrage. Ces pièces sont spécifiques à chaque modèle, difficiles à trouver et parfois chères. Si les barrettes manquent et que les capots d’aspiration ont aussi disparu, faites le calcul : la bonne affaire peut vite doubler de prix avant même d’avoir fait un copeau.
5. Le guide parallèle
Serrez le guide, poussez-le latéralement. Vérifiez la planéité à la règle et l’équerrage à l’équerre. Sur les machines en fonte de cette époque, un jeu notable au serrage est anormal. Sur les machines en aluminium, un guide qui fléchit est presque la norme. La parade classique : un panneau de médium de 19 mm vissé sur le guide existant pour rigidifier l’ensemble. La surface d’appui devient plus large, plus stable, et l’équerrage tient entre les sessions.
Inspectez les brides de serrage. Si elles sont ovalisées ou fissurées, c’est un signe que le précédent propriétaire bataillait pour maintenir le guide en place.
6. L’entraînement en rabotage
C’est le point que les acheteurs novices oublient systématiquement. Demandez à faire tourner la machine en mode rabotage et passez une planche de résineux. Si le bois avance régulièrement et ressort sans marque d’hésitation, c’est bon. S’il faut le pousser ou s’il sort avec des marques perpendiculaires au sens d’avance, comme si le bois avait avancé par à-coups, l’entraînement est fatigué.
Souvent, il suffit de nettoyer la table de rabotage et de la lubrifier (paraffine ou lubrifiant sec). Sur les Lurem, c’est le mécanisme complet qu’il faut inspecter, pignon plastique et bague de friction compris, et ce n’est pas toujours accessible sans démonter. Pour les détails de ce mécanisme par marque, consultez nos pages dédiées Kity et Lurem.
Ne vous fiez jamais à une démonstration uniquement en mode dégau. C’est le mode rabotage qui révèle les vrais problèmes.
7. Le moteur et l’électricité
Écoutez-le tourner. Un moteur sain ronronne régulièrement, sans cognement. Laissez-le tourner 5 minutes à vide et posez la main sur le carter : une chaleur modérée est normale, une chaleur qui force à retirer la main signale un problème de roulement ou de bobinage. Sur un moteur monophasé ancien, le condensateur de démarrage est une pièce d’usure : la machine ne démarre plus ou démarre mollement. Il se remplace sans difficulté, rien de grave.
Vérifiez la présence du bouton d’arrêt d’urgence, l’état du câblage et la terre. Un vendeur qui refuse de brancher la machine a quelque chose à cacher, ou ne sait pas s’il a un problème. Dans les deux cas, passez votre chemin.
Combien payer ? Les repères pour négocier
Le marché de l’occasion sur ces machines est très dispersé : une même Kity 636 peut se vendre à des prix très différents d’une région à l’autre. La proximité d’un bassin de bricoleurs fait monter les prix, la patience les fait baisser. Surveillez les annonces pendant deux à trois mois avant d’acheter, vous calibrerez votre jugement sur les prix réels, pas sur le premier résultat Le Bon Coin.
Aucun fabricant ne publie de prix pour ces machines d’occasion. Voici plutôt ce qui fait varier le prix, modèle par modèle.
| Machine | État | Effet sur le prix |
|---|---|---|
| Kity | ||
| Kity 636 seule | Complète, moteur qui tourne | Haut de marché pour ce modèle |
| Kity 636 seule | Moteur fatigué ou manquant | Décote nette : budgétez un moteur |
| Kity 636 seule | Incomplète, sans fers ni barrettes | Forte décote : barrettes difficiles à trouver |
| Ensemble Kity sur table | Complet, bon état, accessoires | Plus cher qu’une machine seule |
| Ensemble Kity sur table | Partiel ou état moyen | Décote selon ce qui manque |
| Lurem | ||
| Lurem C260 | Complète, entraînement en bon état | Haut de marché pour ce modèle |
| Lurem C260 | Incomplète ou entraînement HS | Forte décote : pièces non assurées par la marque |
| Lurem RD 31 / RD 41 | Complète, bon état | Haut de marché pour ces modèles |
| Lurem RD 31 / RD 41 | État moyen ou pièces manquantes | Décote selon les pièces à trouver |
| Autres machines | ||
| INCA 343.190 | Selon état et complétude | Pièces chez Multico (incamachines.com) |
| Elektra Beckum HC 260, DeWalt DW1150 | Selon version et état | Pas de fiche d’époque publiée : contrôle complet |
| DeWalt D27300, Robland | Selon état | Comparez plusieurs annonces du même modèle |
Ce qui fait monter ou baisser le prix
Les facteurs qui font monter le prix : un moteur monophasé inclus, des jeux de fers neufs, le piètement d’origine complet, les accessoires. Ceux qui le font baisser : le triphasé sans variateur, les fers usés, de la rouille superficielle, l’absence de moteur. Le triphasé est un levier de négociation que vous connaissez maintenant.
Après l’achat : la mise en service
La machine est dans l’atelier, les pieds calés sur le sol, le moteur branché. Vous n’êtes pas encore prêt à faire un copeau. Sur une machine d’occasion, la mise en service conditionne tout le reste. Comptez une demi-journée sur une machine en bon état, une journée entière si les réglages ont été négligés par le précédent propriétaire.
Commencez par le nettoyage. Dégraissez les tables au white spirit ou au dégraissant atelier, retirez les résidus de copeaux collés, la poussière durcie, les traces de rouille superficielle à la laine d’acier fine. Cirez les tables à la cire d’atelier ou à la paraffine. Une table propre et cirée change le comportement de la machine : le bois glisse, l’entraînement force moins, la qualité de surface s’améliore immédiatement. Graissez toutes les vis de réglage, les montées-descentes du plateau de rabotage, les axes de pivotement. Les machines d’occasion sortent souvent de garages où elles ont passé des mois sans entretien.
Passez aux réglages, et respectez l’ordre. La table de rabotage d’abord : c’est votre référence fixe, celle qui ne bouge pas en fonctionnement. Vérifiez son parallélisme avec l’arbre au comparateur ou au calibre de profondeur. Sur certaines machines, l’arbre est repositionnable par ses boulons de palier : c’est l’arbre qui s’adapte à la table, pas l’inverse. Sur les machines où les paliers ne sont pas ajustables, la table de rabotage doit être parallèle à l’arbre tel qu’il est monté d’usine.
Réglez ensuite la table de sortie de dégauchissage pour que sa surface affleure le cercle de coupe des fers, c’est-à-dire le point le plus haut atteint par les fers quand l’arbre tourne. Reprenez ce réglage systématiquement sur une machine d’occasion, même quand le vendeur assure que tout est calé. Réglez les fers pour qu’ils affleurent cette table de sortie : posez un tasseau en travers, tournez l’arbre à la main, le tasseau doit avancer de 2 à 3 mm sous l’effet du fer qui l’entraîne. Des cales aimantées de réglage des fers transforment cette opération pénible en geste simple.
Remontez la table d’entrée au niveau de la table de sortie pour vérifier l’alignement en position zéro, réglet posé à cheval sur les deux. En fonctionnement, la table d’entrée sera en contrebas de la profondeur de passe souhaitée. Terminez par l’équerrage du guide.
Passez une chute en dégauchissage : vérifiez la planéité de la face dégauchie au réglet. Passez ensuite la même pièce en rabotage et mesurez le parallélisme des deux faces au pied à coulisse, aux quatre coins. Si la face est plane et les épaisseurs identiques, vous êtes prêt. Pour approfondir les gestes et les réglages de dégauchissage, notre guide dédié détaille la technique pas à pas.
Prévoyez un budget de mise en route : fers neufs, courroie de rechange, cire, et un variateur pour une machine triphasée.
Mon verdict
Il arrive qu’un amateur commence par une machine neuve d’entrée de gamme, puis finisse par racheter d’occasion le type de machine qu’il aurait pu prendre dès le départ. Le raccourci, c’est de commencer par l’occasion.
Si votre budget est serré et que vous voulez une dégauchisseuse-raboteuse dédiée : une Kity 636 d’occasion avec un variateur et un jeu de fers neufs. La machine que je recommande le plus souvent, pour de bonnes raisons.
Si vous montez un atelier complet dans un espace réduit et que votre budget le permet : une Lurem C260. Vérifiez l’état du système d’entraînement en rabotage avant de signer. La poulie et la bague de friction restent le point sensible de ces machines, et la marque n’assure plus les pièces des machines d’avant 2014 : sachez où les trouver avant d’acheter.
Dans les deux cas, la demi-journée de vérification avant l’achat et la demi-journée de réglage après valent plus que n’importe quelle garantie constructeur. Une machine que vous connaissez de l’intérieur, c’est une machine que vous maîtrisez.
Pour situer ces machines dans le paysage complet, neuf et occasion, consultez notre comparatif des meilleures raboteuses dégauchisseuses.
