Raboteuse dégauchisseuse INCA

Raboteuse dégauchisseuse INCA : avis, gamme et guide occasion 2026

Trente-cinq kilos sur l’établi, et une qualité de surface que des machines trois fois plus lourdes peinent à égaler. INCA, c’est une marque suisse qui a bouleversé l’outillage bois dans les années 1970 avec un procédé que personne n’a réussi à reproduire : l’aluminium injecté sous pression, usiné avec une précision d’horloger.

La marque n’existe plus. Injecta AG a fait faillite en 2011, et plus aucune raboteuse dégauchisseuse INCA ne sort d’usine. Mais sur le marché de l’occasion, ces machines continuent de circuler, de se revendre sans décote, et de séduire les amateurs exigeants qui privilégient la précision au débit. Le modèle phare, la 343.190, se négocie entre 300 et 650 € selon l’état.

Faut-il encore acheter une INCA en 2026 ? Où trouver les pièces détachées ? Quels sont les défauts à connaître avant de se lancer ? Et surtout, une INCA d’occasion vaut-elle mieux qu’une machine neuve au même budget ? Je passe la gamme complète au crible pour vous aider à trancher.

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👍 En atelier, ça fonctionne

  • +Finition de surface comparable à un rabot à main, même sur les bois à contrefil
  • +Vibrations quasi inexistantes grâce à l équilibrage dynamique de l arbre, malgré un poids plume de 35 kg (hors moteur et piètement)
  • +Changement dégauchissage/rabotage en 30 secondes sur la 343.190, sans démonter les tables
  • +Bruit remarquablement faible pour une combinée : moteur à induction, pas de charbons, pas de sifflement
  • +Machine compacte qui se range sur un établi ou dans un placard, idéale pour les ateliers de 10 m²
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👎 Ce qui agace au quotidien

  • -Aspiration inexistante d origine : les copeaux s accumulent dans la zone de rabotage sans capot adapté
  • -Guide de dégauchissage fragile et peu sécurisant, qui manque de rigidité à l inclinaison
  • -Tables de dégauchissage de 1 040 mm (modèles 550-570) : trop courtes pour dresser des planches de plus d un mètre
  • -Pignon plastique d entraînement des rouleaux d avance qui finit par casser si la lubrification est négligée
  • -Pas de garantie sur l occasion et un seul fournisseur de pièces en Europe (incamachines.com)
7,0
sur 10
Précision suisse d époque

Verdict Express : Mon avis sur les raboteuses dégauchisseuses INCA

INCA est une marque suisse qui n a plus d équivalent sur le marché actuel. Ses combinées en aluminium injecté offrent une précision de surface et un niveau de silence que seules les machines semi-professionnelles neuves à plus de 1 500 € approchent. Le modèle phare 343.190 se négocie entre 300 et 650 € en occasion, pour une qualité de fabrication qui n a rien à envier aux machines modernes trois fois plus lourdes.

+ Ce qui fait la force d INCA

Aluminium injecté sous pression avec tables usinées au 1/10 mm (précision horlogère suisse), moteur à induction silencieux et quasi indestructible en usage amateur, 35 kg hors moteur et piètement pour 260 mm de largeur (rapport poids/capacité sans équivalent sur le marché), pièces détachées encore disponibles via incamachines.com (+10 000 références).

! Les limites à connaître

Machines produites entre 1976 et les années 2000 : pas de garantie sur l occasion (6 mois sur reconditionné), pignon plastique d avance fragile (pièce d usure à ~60 €), guide de dégauchissage sous-dimensionné par rapport aux standards actuels, aspiration à adapter soi-même (pas de port intégré d origine).

Le modèle à chercher en priorité est la 343.190, idéalement en version 570 (3 fers Tersa). Pour un amateur exigeant en atelier compact, une INCA en bon état entre 400 et 600 € reste le meilleur rapport qualité/prix du marché. Pour ceux qui préfèrent du neuf avec garantie, la Scheppach HMS1080 ou la Metabo HC 260 C sont les alternatives logiques.

F

Fiche technique - Gamme INCA

* Fabrication
Origine :Suisse — Teufenthal (Argovie)
Fondation :1920 (Injecta AG)
Production :Suisse puis France (Vosges, dès 1978)
Positionnement :Milieu/haut de gamme (occasion)
Pièces détachées :incamachines.com — +10 000 réfs
* Caracteristiques
Arbre porte-fers :2 ou 3 fers HSS/Tersa
Motorisation :Induction (mono 230V ou tri 400V)
Tables :Aluminium injecté sous pression
Garantie :Aucune (occasion) / 6 mois (reconditionné)
Alimentation :230V mono ou 400V tri — 50 Hz
ModèleLargeurHauteurPuissancePoidsPrix occasionVerdict
343.132220 mm145 mm750 W15 kg200-400 €Dégau seule
343.190 ⭐260 mm160 mm1 150 W35 kg300-650 €Le choix sûr
Concorde 315315 mm230 mm1 800 W250 kgRareTables basculantes
Professional 4000400 mm216 mm2 200 W290 kgTrès rarePro/artisan

🎯 À qui s adresse la gamme INCA ?

INCA s adresse aux amateurs exigeants qui privilégient la précision et le silence au détriment de la puissance brute. Ces machines trouvent leur place dans les ateliers compacts où chaque mètre carré compte.
VINCA est fait pour vous si
  • >Vous cherchez une précision de surface exceptionnelle sans investir plus de 700 €
  • >Votre atelier est compact (moins de 15 m²) et vous avez besoin d une machine qui se range facilement
  • >Vous travaillez des bois tendres à mi-durs en passes légères et privilégiez la finition au débit
  • >Vous êtes luthier, maquettiste ou restaurateur et la qualité de coupe prime sur la capacité
  • >Vous êtes à l aise avec l achat d occasion et capable d évaluer l état d une machine avant de l acheter
XPassez votre chemin si
  • >Vous avez besoin d une garantie constructeur et d un SAV structuré : orientez-vous vers la Scheppach HMS1080 (5+5 ans)
  • >Vous rabotez régulièrement des bois durs en pleine largeur : la puissance de 1 150 W est limitée, une Metabo HC 260 C sera plus adaptée
  • >Vous traitez des planches de plus d un mètre : les tables de 1 040 mm sont trop courtes, visez une machine en 310 mm
  • >Vous ne voulez pas bricoler l aspiration : les machines modernes intègrent un port 100 mm de série
  • >Vous débutez et préférez une machine prête à l emploi sans vérification préalable : le neuf entrée de gamme sera plus sécurisant

INCA, c’est un acronyme : INjected Cast Aluminium. Le nom résume tout le projet. Fondée en 1920 à Teufenthal, dans le canton d’Argovie en Suisse, l’entreprise Injecta AG a d’abord produit des pièces en aluminium injecté sous pression pour l’industrie. La première machine à bois INCA, une scie à table baptisée « Major », sort vers 1931. Le concepteur, Ferdinand Wuffli, avait appris les techniques d’injection aux États-Unis avant de les appliquer à l’outillage.

L’idée fondatrice est simple : remplacer la fonte par de l’aluminium injecté, plus léger et moins cher à produire, mais usiné avec une précision que la fonte ne permet pas facilement. Les tables sortent de fabrication rectifiées au dixième de millimètre. L’arbre porte-fers est équilibré dynamiquement. Le résultat, c’est une raboteuse dégauchisseuse de 35 kg (hors moteur et piètement) qui vibre moins qu’une machine à bois en fonte de 140 kg. Aucun fabricant n’a égalé ce niveau de précision à ce poids depuis.

La production a été délocalisée en France, dans les Vosges, en 1978. La division machines à bois a été revendue à Multico en 1990. Injecta AG a fait faillite en 2011. Aujourd’hui, Multico opère le site incamachines.com depuis la France et vend des machines reconditionnées ainsi que plus de 10 000 références de pièces détachées.

Sur ce type de machines, j’ai l’habitude de juger trois choses : la qualité de la surface obtenue, la stabilité mécanique dans le temps, et la praticité au quotidien. Sur les deux premiers points, INCA écrase la concurrence moderne à budget égal. Sur le troisième, les choses se compliquent.

La qualité de surface est le point fort absolu. Le pin ressort avec un lustre de rabot à main. Les bois à contrefil comme le sycomore ou le platane ne s’arrachent pas. Sur les essences dures à grain serré, les marques d’arbre sont invisibles à l’oeil nu. L’équilibrage dynamique de l’arbre, combiné à la rigidité de l’aluminium injecté, produit une coupe d’une régularité difficile à atteindre sur les combinées modernes de même largeur.

La stabilité mécanique est tout aussi remarquable. Des machines de 1976 sont encore en service quotidien. Le moteur électrique à induction ne comporte aucune pièce d’usure (pas de charbons). L’aluminium ne rouille pas. Les plaques en laiton qui assurent le mouvement des tables garantissent une fluidité de réglage intacte après des décennies. Avec une lubrification toutes les 50 heures, la machine survivra à son propriétaire.

Mais il y a des limites à connaître. Le guide parallèle est le point faible ergonomique. Conçu dans les années 1970, il manque de rigidité par rapport aux standards actuels. D’expérience, sur les machines de cette époque, les guides sont souvent un peu justes. Celui de l’INCA ne fait pas exception : il ne met pas en confiance à l’inclinaison. Les tables de dégauchissage, bien que parfaitement planes, totalisent seulement 1 040 mm sur les modèles 550 à 570 (le 510 a des tables plus courtes, autour de 800 mm). Pour dresser une planche d’un mètre vingt, il faudra des rallonges. L’aspiration est inexistante d’origine : le capot de la 343.190 est un carrossage, pas un système d’évacuation des copeaux. Prévoir une adaptation maison, raccordée à un aspirateur d’atelier.

Et surtout, le pignon plastique d’entraînement des rouleaux d’avance. C’est le talon d’Achille de toutes les 343.190. Ce pignon en nylon finit par fondre ou casser si la lubrification est insuffisante, surtout en usage intensif continu. La pièce coûte environ 60 €, disponible sur incamachines.com. Ce n’est pas un vice rédhibitoire, c’est une pièce d’usure prévisible, mais il faut le savoir avant d’acheter.

Avec tout ça en tête, une raboteuse dégauchisseuse INCA fait encore sens en 2026 pour un usage bien ciblé. Si vous hésitez entre plusieurs marques, gardez en tête que l’INCA joue dans une catégorie à part : celle de la précision compacte, pas celle du débit.

La gamme INCA se décline en quatre modèles, du plus compact au plus imposant. Voici un aperçu pour vous orienter :

ModèleLargeurPuissancePoidsPrix occasion
343.132220 mm750 W15 kg200-400 €
343.190260 mm1 150 W35 kg300-650 €
Concorde 315315 mm1 800 W250 kgRare
Professional 4000400 mm2 200 W290 kgTrès rare

INCA 343.132 : la dégauchisseuse compacte

Le modèle d’origine, produit dès les années 1930. La 343.132 est une dégauchisseuse pure de 220 mm de largeur de coupe, avec un moteur de 750 W suspendu sous la table. Quinze kilos sur l’établi, pas plus. Un accessoire optionnel (réf. 348.140) permet de la convertir en raboteuse d’épaisseur, mais l’avance est manuelle et la capacité reste limitée. On trouve la 343.132 entre 200 et 400 € en occasion. Pour du dégauchissage de petites pièces en atelier restreint, elle reste fonctionnelle.

INCA 343.190 : le modèle phare

La star de la gamme. La 343.190 est la première vraie raboteuse dégauchisseuse combinée qu’INCA ait produite, apparue vers 1976. Largeur utile de 260 mm, moteur à induction de 1 150 W (monophasé) ou 1 500 W (triphasé), arbre de 60 mm équilibré dynamiquement, deux vitesses d’avance (3,5 et 5 m/min). Elle existe en plusieurs variantes, identifiées par les numéros de modèle US : 510 (tables courtes, moteur sous la table), 550/560 (tables longues, fers standard puis Tersa), et 570 (3 fers Tersa, la plus recherchée). Le prix varie de 300 à 650 € selon l’état et la version. La 570 avec tête Tersa se négocie au-dessus de ce plafond.

INCA Concorde 315 : la grande soeur

Machine au sol de 315 mm de largeur et 250 kg, avec des tables qui basculent vers le haut pour passer en mode rabotage. Pas de démontage, pas de risque de désalignement. Trois fers Tersa, vitesse d’avance de 7,5 m/min, table de sortie de 1 500 mm en dégauchissage. Un vrai outil d’artisan. Le problème : elle est extrêmement rare sur le marché de l’occasion. Si vous en croisez une en bon état, c’est une opportunité.

INCA Professional 4000 : la machine de production

Le sommet de la gamme INCA : 400 mm de largeur, 2 200 W en triphasé, 290 kg, tables en aluminium rectifiées au dixième. Trois fers standard ou quatre fers Tersa selon la configuration. Tables escamotables comme la Concorde. Cette machine est presque introuvable en occasion. Elle intéressera surtout les collectionneurs ou les artisans qui tombent sur une opportunité exceptionnelle.

La question que tout le monde pose avant d’acheter une INCA d’occasion : est-ce qu’on trouve encore les pièces ? La réponse courte : oui, mais il n’y a qu’une source principale.

Multico, basé en France (Saint-Rémy, Saône-et-Loire), opère le site incamachines.com et détient le stock de pièces détachées INCA. Plus de 10 000 références sont disponibles, de la vis de fixation au moteur complet. La commande se fait en ligne ou par téléphone au 03 85 48 09 01. Le paiement accepte PayPal, Visa et Mastercard, avec expédition dans toute l’Europe. Un contact suisse existe aussi chez Döbeli Holz à Seon (+41 62 769 70 35).

Les fers de rechange pour la 343.190 (format 262 x 25 x 3 mm à encoches) se trouvent chez Multico, sur eBay et Amazon, entre 30 et 50 € la paire. Pour les modèles à tête Tersa (560, 570, Concorde, Professional), les couteaux sont au format industriel standard 260 mm, utilisé aussi par Felder, Hammer et SCM. Approvisionnement garanti à long terme chez n’importe quel fournisseur d’outillage industriel. Il est même possible de remplacer l’arbre d’origine de la 343.190 par une tête hélicoïdale à plaquettes carbure (Sheartak ou Byrd Shelix), pour un investissement supérieur à 500 €.

Les machines reconditionnées par Multico sont vendues entre 1 673 et 1 995 € TTC selon la configuration (mono ou tri), avec une garantie de 6 mois. Elles incluent des fers M42 double face neufs et une notice d’utilisation. La disponibilité fluctue : consultez le site régulièrement.

La pièce la plus demandée reste le fameux pignon plastique d’avance (~60 €). Avoir un exemplaire de rechange en stock est une précaution raisonnable. La courroie d’entraînement (Jason T-150 20′, ~25 €) est l’autre consommable à surveiller sur les machines anciennes.

L’acheteur potentiel d’une INCA hésite rarement entre deux modèles INCA. Le vrai dilemme, c’est : occasion vintage ou machine neuve à budget équivalent ? Voici comment les alternatives se positionnent.

Kity et Lurem d’occasion, ce sont les concurrentes directes sur le marché de la seconde main. Les Kity 636, 637 et les Lurem C260 se négocient dans la même fourchette de prix (300-700 €). Leur construction en fonte grise offre une stabilité dimensionnelle différente de l’aluminium INCA : plus de masse, plus d’inertie, mais aussi plus de vibrations absorbées par le poids. La Kity est vue comme un « cheval de labour robuste », plus facile à entretenir. L’INCA gagne sur la précision de surface et la compacité. Consultez la gamme Kity et les machines Lurem pour comparer.

Les raboteuses dégauchisseuses Scheppach, c’est l’alternative neuve la plus accessible. La HMS1080 à 345-470 € offre 254 mm de largeur, une garantie de 5 ans extensible à 10 ans, et un SAV structuré en France. Sur le papier, c’est le choix rationnel pour un débutant. En pratique, la qualité de surface et la stabilité mécanique restent en retrait par rapport à une INCA en bon état. Les tables en aluminium moulé de Scheppach n’ont pas la précision d’usinage des tables INCA, et les moteurs universels à charbons sont plus bruyants et moins durables que le moteur à induction d’une INCA.

La Metabo HC 260 C, c’est le vrai équivalent neuf en termes de qualité prix. Moteur à induction de 2 200 W, tables mieux usinées, construction plus homogène, au prix fort : 1 200-1 500 €, soit deux à trois fois celui d’une INCA d’occasion. Pour un usage régulier sur bois massif dur, l’écart de prix se justifie. Pour de l’occasionnel sur bois tendres, l’INCA à 400-600 € reste le meilleur rapport qualité prix.

Le choix se résume à votre profil. Si vous êtes à l’aise avec l’occasion et capable de vérifier une machine, l’INCA offre une qualité inaccessible en neuf à ce budget. Si vous préférez la tranquillité du neuf, la Scheppach fait le travail pour les petits projets. Si votre budget dépasse les 1 200 €, la Metabo rend l’INCA moins pertinente. Pour une vue d’ensemble, consultez notre comparatif des meilleures raboteuses dégauchisseuses.

Après test approfondi de la gamme, mon avis est clair : INCA occupe une place unique sur le marché, celle de la précision compacte d’une époque révolue, avec une qualité de fabrication que l’industrie actuelle ne reproduit plus à ce prix. La 343.190, en version 550 ou 570, reste le modèle à chercher en priorité. Entre 400 et 600 € pour une machine en bon état, c’est un investissement qui ne se déprécie pas.

Mais soyons lucides : acheter une raboteuse dégauchisseuse INCA, c’est accepter les contraintes d’une machine vintage. Pas de garantie, un seul fournisseur de pièces, des défauts de conception connus (pignon, guide, aspiration) qu’il faut anticiper et gérer. Pour un amateur bricoleur qui sait évaluer une machine d’occasion et qui n’a pas peur de mettre les mains dans la mécanique, c’est un choix que je recommande. Pour un débutant qui veut brancher et travailler sans se poser de questions, le neuf reste plus sûr.

Questions fréquentes sur les raboteuses dégauchisseuses INCA

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